Magistrat (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

XIV e siècle. Emprunté du latin magistratus, « charge publique ; ».
1. Membre du gouvernement de la cité. Comme tous les s de la République romaine, les consuls étaient élus.
2. Détenteur d'une autorité juridictionnelle, administrative ou politique. Le président de la République est le premier de France. Le maire est le premier de la commune. Magistrat municipal, membre élu d'une municipalité.
3. Spécialt. Membre de l'ordre judiciaire investi du pouvoir de rendre la justice ou de la requérir au nom de l'État. Les s d'un tribunal, d'une cour d'appel. Magistrat de la Cour de cassation. Magistrat assis ou du siège, qui rend la justice. Magistrat debout ou du parquet, qui est chargé de requérir l'application de la loi. Les s du siège bénéficient de la garantie d'inamovibilité. Un revêtu de sa robe.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Officier civil revêtu d'une autorité administrative. "En France, le président de la République est le premier . Les préfets, les sous-préfets sont les s de chaque département. Magistrat municipal."
Ce mot s'emploie plus particulièrement pour désigner les Membres de l'ordre judiciaire (Conseiller, juge, procureur, etc.). "Un de la Cour de Cassation, de la Cour d'appel, d'un tribunal de première instance."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Officier civil qui rend la justice ou maintient la police ou administre un territoire. Un maire, un conseiller municipal sont quelquefois qualifiés de s.
LA FONT.: « D'un ignorant C'est la robe qu'on salue »
PASC.: « Ce dont la vieillesse vénérable impose le respect à tout un peuple »
PASC.: « Nos s ont bien connu ce mystère : leurs robes rouges, leurs hermines, dont ils s'emmaillotent en chats fourrés, les palais où ils jugent, les fleurs de lis, tout cet appareil auguste était fort nécessaire »
BOSSUET: « Sous ces yeux redoutables [de Dieu], notre sage écoutait également le riche et le pauvre, d'autant plus pur et d'autant plus ferme dans l'administration de la justice que, sans porter ses regards sur les hautes places dont tout le monde le jugeait digne, il mettait son élévation comme son étude à se rendre parfait dans son état »
BOILEAU: « S'il fallait, sans amis, briguant une audience, D'un glacé soutenir la présence.... »
RAC.: « Le peuple au champ de Mars nomme ses s »
MONTESQ.: « Les préjugés des s ont commencé par être les préjugés de la nation »
CONDIL.: « Un paysan du pays allemand, dans le canton de Berne, est persuadé, sans orgueil, que les s ne sont que ses gens d'affaires »
D'ALEMB.: « Les s, dans quelque circonstance et pour quelque grand intérêt de corps que ce puisse être, ne doivent jamais être que s, sans parti et sans passions comme les lois, qui absolvent et punissent sans aimer ni haïr »
    Sous l'ancienne monarchie les charges de s étaient vénales.
BOILEAU: « L'argent seul au palais peut faire un »
VOLT.: « Vos jeunes s, qui achètent une charge de juge dès qu'ils savent monter à cheval, doivent étaler dans les tribunaux tout ce que l'impertinence a de plus ridicule »

 2   Magistrat de sûreté, nom donné à des fonctionnaires chargés de la poursuite des délits ; ils sont remplacés par les procureurs impériaux.

 3   Absolument et collectivement. Dans quelques villes, le corps des officiers municipaux (ce sens est latin). Le fit une proclamation.
VOLT.: « Le comte de Steinbock, un des généraux suédois, assembla le de la part du roi, demanda le passage pour les troupes et quelques munitions »
    Il se dit aussi, dans un sens analogue mais plus étendu, de l'ensemble des hauts fonctionnaires civils.
J. J. ROUSS.: « Plus le est nombreux, plus la volonté du corps se rapproche de la volonté générale »

 4   Magistrats du Pô, du Rhin, commissions chargées de la conservation des rives de ces fleuves.

HISTORIQUE
    XIVème siècle
BERCHEURE: « Sachez que touz offices publiques estoient appellez magistraz en general »
    XVIème siècle
AMYOT: « Solon voulut que les offices et s demourassent entre les mains des riches citoyens »
AMYOT: « Il voulut que le peuple seul eust l'authorité d'élire tous les officiers et s publiques »
MONT.: « Ayant eu à dire qu'il avoit exercé certain honorable [magistrature] à Rome »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. ; espagn. magistrado ; ital. o ; du lat. us, de magister, maître (voy. MAÎTRE). Le plus ancien sens de us est ure ; d'où le sens collectif que l'on trouve encore en français.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Officier civil revêtu d'une autorité administrative ou judiciaire. Ce mot s'emploie plus particulièrement pour désigner Les membres des cours de justice. "C'est un digne . Un savant, intègre, incorruptible."
"Magistrat de sûreté." Nom donné au chargé de la poursuite des délits.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie, absolument et collectivement, dans quelques villes, pour désigner Le corps des officiers municipaux. "Le de Francfort. Le fit une proclamation."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. masculin 


Officier établi pour rendre la Justice, ou pour maintenir la Police. "C'est un digne Magistrat. Magistrat incorruptible. Magistrat intègre".
Dans quelques Villes, on dit simplement, "Le Magistrat," pour dire, Le corps des Officiers Municipaux.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Officier établi pour rendre la Justice, ou pour maintenir la Police. "Ce Conseiller, ce Président du Parlement, est un digne Magistrat. Magistrat incorruptible. Magistrat intègre."
Dans quelques endroits, on dit aussi simplement, "Le Magistrat," pour dire, Le corps des Magistrats.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

MAGISTRATûRE, s. f. [Le "t" ne se prononce point dans le 1er, 4e lon au 2d, dern. "e" muet.] "Magistrat" est un Oficier établi pour rendre la justice ou pour maintenir la police. Il ne se dit que des Juges Royaux, et l'on ne done point ce nom aux Oficiers de certaines Juridictions particulières, et encôre moins aux Juges des Seigneurs. = "Magistratûre" est, ou la dignité du Magistrat, ou le tems pendant lequel il exerce sa charge. 'Exercer "la Magistratûre". 'Durant "sa Magistratûre". = On emploie quelquefois "Magistrat" au singulier, pour signifier le corps des Magistrats Municipaux. 'Il n' étoit pas décidé qu'un maître qu'on se donerait y remédiât mieux (aux vices du Gouvernement) que "le Magistrat". Rayn. '"Le Magistrat de" Groningue entendoit trop bien ses intérêts. "Formey".
- L'"Acad." dit seulement qu'en quelques endroits on dit simplement "le Magistrat", pour le Corps des Magistrats.
- Mais on ne le dit, même en ces endroits, que des Magistrats Municipaux.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. masculin 


Officier de Cour superieure de Justice. "Ce Conseiller, ce President du Parlement est un digne Magistrat".
On appelle aussi, "Magistrats". Les Officiers principaux des autres Cours de Justice Royale. "Les Baillifs, les Seneschaux, les Lieutenants Civils sont des Magistrats considerables".
On appelle aussi, "Magistrat," Ceux qui composent le gouvernement politique d'une ville. "Obeir au Magistrat. il faut s'adresser au . le Magistrat vint presenter les clefs, le dais au Roy".




Emplacement dans le dictionnaire :

magie
magique
magiquement
magisme
magister
magistère
magistere
magistral
magistralement

magistrature
magma
magnan
magnanarelle
magnanerie
magnanier
magnanime
magnanimement
magnanimité
magnat
magnesie




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...actuellement la vie économique. Dans cet ordre de fonctions, en effet, la morale professionnelle n'existe véritablement qu'à l'état rudimentaire. Il y a une morale professionnelle de l'avocat et du magistrat, du soldat et du professeur, du médecin et du prêtre, etc. Mais si l'on essayait de fixer en un langage un peu défini les idées en cours sur ce que doivent être les rapports de l'employeur avec...


Citation n°2 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...de problèmes ou même à un problème unique. En même temps, la fonction scientifique qui, jadis, se cumulait presque toujours avec quelque autre plus lucrative, comme celle de médecin, de prêtre, de magistrat, de militaire, se suffit de plus en plus à elle-même. M. De Candolle prévoit même qu'un jour prochain la profession de savant et celle de professeur, aujourd'hui encore si intimement unies, se...


Citation n°3 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...C'est pour la même raison que le fonctionnement de la justice répressive tend toujours à rester plus ou moins diffus. Dans des types sociaux très différents, elle ne s'exerce pas par l'organe d'un magistrat spécial, mais la société tout entière y participe dans une mesure plus ou moins large. Dans les sociétés primitives, où, comme nous le verrons, le droit est tout entier pénal, c'est l'assemblée du...


Citation n°4 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...la première. Il suffit, d'ailleurs, de voir dans les tribunaux comment la peine fonctionne, pour reconnaître que le ressort en est tout passionnel ; car c'est à des passions que s'adressent et le magistrat qui poursuit et l'avocat qui défend. Celui-ci cherche à exciter de la sympathie pour le coupable, celui-là à réveiller les sentiments sociaux qu'a froissés l'acte criminel, et c'est sous l'influence...


Citation n°5 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...par le père de famille. Sans doute, l'autorité dont il dispose lui permet de les réprimer sévèrement ; mais, quand il use ainsi de son pouvoir, ce n'est pas comme fonctionnaire public, comme magistrat chargé de faire respecter dans sa maison la loi générale de l'état, c'est comme particulier qu'il agit. Ces sortes d'infractions tendent donc à devenir des affaires purement privées dont la...


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